Tuesday, November 14, 2006

"thème les grandes perspectives familiale 2007-2012"

Conférence de Valérie Pecresse
Députée des Yvelines
Porte-parole de l’UMP
Dans le cadre des conférences organisées par le Club 89

Rapporteur de la mission sur la Famille et les Droits de l’Enfant

Les enjeux de la Politique familiale 2007 - 2010




1. Entretenir la Natalité

Depuis 2000, la France se maintient ave un taux de croissance démographique de 1,9/1000 – 2ème de l’Union européenne après l’Irlande.
Avec l’augmentation de l’espérance de vie, il est nécessaire de maintenir un équilibre démographique.
De nombreux couples français souhaiteraient avoir un enfant supplémentaire si leurs conditions de vie pouvaient s’améliorer.
Pourquoi ce « modèle nataliste » particulier en France ? Peut-être que dans des pays comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la politique familiale nataliste renvoie à une période de fascisme qui pronait une politique nataliste, ce qui explique aussi les grands retards de ces pays en matière de soutien à la famille : garde d’enfants, écoles maternelles, prestations…
A l’inverse, c’est l’invention géniale du Général De Gaulle qui a créé le « modèle français »


2. Soutenir la parentalité

Aider les mères qui ont fait le choix de ne pas travailler pour élever leurs enfants. La solidarité nationale doit reconnaître la valeur de cet investissement et garantir une retraite aux femmes qui se consacrent à l’éducation de leurs enfants.
Si la délinquance est exacerbée dans les banlieues (chômage, fort pourcentage de population migrante…) elle est présente dans tous les milieux et les études montrent que c’est l’absence de contrôle parental, plus que la défaillance affective, qui en est responsable.
Il faut donc soutenir les pères et mères qui ont fait le choix d’être le plus présents à leurs enfants, quelle que soit la période (petite enfance ou adolescence).
Par ailleurs, les couples sont de plus en plus fragiles, le taux de séparation ne cesse de croître, le mariage n’est plus une protection et la solidarité nationale doit garantir la sécurité des femmes contre les aléas de la vie.
En tout état de cause, la palette des dispositifs de conciliation vie familiale et vie professionnelle doit être aussi vaste et juste que possible.
C’est dans cet esprit qu’il est envisagé de réunir toutes les prestations petite enfance dans un chèque global mensuel permettant aux parents de financer le mode de garde quel qu’il soit.

3. Prévention et pacification des conflits

Le modèle familial très particulier de la France mérite d’être préservé autant que possible.
Un enfant sur cinq et deux adolescents sur cinq vivent avec des parents séparés.
Le nombre de séparations ne cesse de croître et les personnes qui se retrouvent seules n’avaient pas toujours mesuré les grands déséquilibres affectifs et matériels entraînés par la séparation.
Si 80 % des femmes ont une activité rémunérée, seulement 20 % des tâches domestiques sont assurées par les hommes.
Ce déséquilibre chronique des responsabilités entraîne des tensions conjugales parfois irréversibles.
L’absence du père dans le foyer et dans l’éducation des enfants, est un vrai problème politique.
Il faut bâtir un modèle de société beaucoup plus égalitaire tout en valorisant la complémentarité, la mixité et l’altérité des sexes, des rôles et modèles dans la vie familiale comme dans la vie professionnelle.

4. Développer la solidarité intergénérationnelle

La génération 55 – 70 ans devient de plus en plus la « génération-pivot » car elle va se retrouver en charge de deux générations : celle de leurs parents dont l’espérance de vie continue à croître et celle de leurs petits-enfants dans le cas des fragilités ou défaillances de leurs propres enfants.
Il faut soutenir et aider autant que possible « les aidants » car l’affection familiale ne s’achète pas et n’a pas de prix.
La France doit s’interroger sur ce qu’elle a de plus précieux : ses bébés, ses petits-enfants et ses personnes très âgées dont la prise en charge doit faire l’objet de ses priorités.

Enfin, il est crucial de relancer la politique du logement qui doit être astucieuse : permettre aux jeunes couples de consolider le plus tôt leur foyer, le logement social doit être un logement de passage vers l’accession sociale à la propriété, développer les résidences pour les jeunes et les étudiants mais aussi des logements adaptés pour les seniors qui libèreraient leurs logements, plus grands, nécessaires aux familles.